#08 Des familles à bout
Shownotes
Jonas Schneiter reçoit Murielle Bochud, Cheffe du Département épidémiologie et systèmes de santé, unisanté, Lausanne.
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00:00:00: Il y a un paradoxe que vous avez souligné, on a de plus en plus accès à l'information médicale et d'un autre côté on peut se sentir de plus des munis.
00:00:07: donc on va appeler à lède ou chercher des solutions.
00:00:11: Comment vous comprenez ce paradoxe qui ne s'applique pas qu'en pédiatrie mais globalement sur la santé ?
00:00:17: Fort pour les enfants podcast sur le bien-être des enfants avec Jonas Schneider.
00:00:24: Dans cet épisode du podcast des cent vingt-cinq ans de pédiatrie suisse, on va s'intéresser aux familles.
00:00:29: Elles ont changé de visage en un peu plus d'un siècle et la santé des enfants avec elles évidemment est pour prendre la mesure de ces mutations.
00:00:37: on reçoit une scientifique qui esculte la population suisse depuis plus de vingt ans maintenant.
00:00:42: Bonjour Meryl Bossu.
00:00:44: Vous êtes médecin et professeur de santé publique à Uni Santé, à l'Université de Lausanne et vous dirigez le département épidémiologie et système de santé d'Uni Santé.
00:00:53: Vous pilotez donc de grandes enquêtes nationales sur notre santé, notre alimentation y compris celles des enfants qui nous intéressent beaucoup.
00:01:02: dans ce podcast On voulait commencer sur le réflexe pédiatre qu'on a entendu dans d'autres épisodes, dans la version alémanique et francophone de ce podcast.
00:01:10: Il semblerait qu'il y ait de plus en plus ce réflex que les familles aillent consulter davantage le pédiâtre rapidement !
00:01:18: À quoi peut-être, du selon vous ce réflexe du pédiatre ?
00:01:22: De ce que vous savez de la population suisse.
00:01:24: Alors c'est sûr que la société a évolué, les parents sont exposés à des plus en plus d'informations.
00:01:31: donc ça veut dire qu'ils ont accès à beaucoup d'information mais c est aussi susceptible de générer de l'anxiété par rapport aux problématiques qui sont susceptibles d'arriver.
00:01:41: La tolérance au risque a certainement diminué dans la société donc les parents vont... consulter plus rapidement que ce qui n'était le cas par le passé.
00:01:50: Je dirais aussi qu'une composante importante est l'accès au soin, la facilité qu'ont les parents à pouvoir obtenir une consultation pédiatrique.
00:02:00: donc il y a des cabinets de groupe, il existe les urgences pédiatriques mais aussi de plus en plus maintenant des téléconsultations qui sont possibles.
00:02:08: Donc là cette accessibilité aux systèmes de soins et a eu tendance à augmenter ces dernières décennies.
00:02:14: Si je simplifie à l'extrême votre métier c'est de savoir si la population est en bonne santé, meilleure santé moins bonne santé s'il y a des risques d'être en moins bonnes santé.
00:02:23: ça c'était la simplification extrême.
00:02:25: et si on revient au réflexe pédiatre est ce que c'et un indicateur de la bonne santé ou est-ce que ça pourrait être un indicateurs de la mauvaise santé?
00:02:32: qu'est ce que vous diriez intuitivement là dessus ?
00:02:35: On peut dire objectivement que globalement, la santé des enfants et les adolescents durant les cinq ans de dernières années s'est fortement améliorée.
00:02:43: Donc les indicateurs épidémiologiques sont vraiment tous dans le verre ce qui ne peut pas dire qu'il n'y a pas de problématique de santé.
00:02:50: mais là la nature des problèmes de santé ont fortement évolué dans le temps.
00:02:55: On a plus de problématiques dans le domaine de la santé mentale, la santé psychique et moins de problématiques de santé aiguë.
00:03:04: Donc il y a notamment durant les premières années de la vie plus de consultations qui sont structurées et prévues à l'avance pour des questions... prévention de dépistage, de vaccination.
00:03:18: Donc il y a un meilleur suivi de l'état santé des enfants durant les premières années de vie que ce n'était le cas auparavant et autrement on n'a pas une augmentation forte des consultations chez les enfants plus âgés.
00:03:31: mais c'est je dirais que la densité des consultions pédiatriques se situe surtout durant les deux premières année de vie est le plus souvent dans un contexte de promotion de la santé.
00:03:41: prévention
00:03:42: Il y a un paradoxe que vous avez souligné, on a de plus en plus accès à l'information médicale et d'un autre côté on peut se sentir de plus des munis.
00:03:50: donc on va appeler à lède ou chercher des solutions.
00:03:54: Comment vous comprenez ce paradoxe qui ne s'applique pas qu'en pédiatrie mais globalement sur la santé ?
00:03:59: Oui, alors on a quand même des problématiques de santé.
00:04:03: Le fait que globalement l'état de santé se soit amélioré notamment chez les enfants ne signifie pas qu'il n'y a plus de problème.
00:04:10: Simplement la nature des problèmes à évoluer.
00:04:12: On a plus des problèmes de l'ordre de troubles du comportement Troubles de anxiété Des troubles dépressifs.
00:04:22: Donc ces problématics-là sont plutôt en augmentation.
00:04:26: Donc on a une évolution des problématiques et donc, une tendance plus élevée à consulter peut-être pour des symptômes qui par le passé auraient été considérés comme plus bénins dans un contexte dans lequel aussi la structure familiale a évolué.
00:04:42: Oui, on y vient là !
00:04:43: La famille a beaucoup évoluée.
00:04:45: alors si l'on veut en regard de cent vingt-cinq ans vu que ce podcast est sur les cent vinte-cinquants de pédiatrices Suisses qu'est-ce qu'a bougé en un siècle dans la famille ?
00:04:55: beaucoup d'évolution.
00:04:57: Les formes de modèles familiaux ont beaucoup évolué, donc on a des familles qui sont globalement moins grandes avec moins d'enfants.
00:05:06: On a moins de mariages plus de divorces et plus de familles recomposées globalement.
00:05:12: L'âge à la maternité a eu tendance à augmenter durant les trente dernières années.
00:05:17: Donc ça fait évoluer la structure familiale.
00:05:21: On a aussi plus de familles avec quatre générations, donc on se retrouve avec certains adultes qui doivent à la fois soutenir les enfants et les parents plus âgés mais dans une taille de famille qui est globalement plutôt diminuée parce qu'il y a moins d'enfants.
00:05:37: donc on constate une baisse de la fécondité en parallèle au vieillissement de la population.
00:05:43: Donc plus de personnes âgées, un peu moins de jeunes.
00:05:45: donc on a une forte évolution de ce qu'on appelle le rapport des dépendances des jeunes et le rapport de dépendance des personnes âgies.
00:05:53: ça veut dire que si on prend cent personne âgée entre vingt et soixante-quatre ans On a environ trente deux jeunes de zéro à vingt ans Et environ trentes deux personnes âgués de soixant cinquants et plus.
00:06:06: C'est c'est la première fois dans l'histoire de la Suisse qu'on a ce même rapport.
00:06:12: Auparavant, on avait beaucoup plus de jeunes comparativement aux personnes âgées de soixante-cinq ans et plus.
00:06:16: donc là la structure d'âge de la population fortement évoluée.
00:06:21: L'âge moyen du premier enfant en Suisse, il est légèrement au-dessus de trente ans à trente et un an et quelques.
00:06:26: À
00:06:26: trente deux ans d'accord ?
00:06:27: Ça veut dire que quand on a quarante ans, on est exactement dans la situation que vous décriviez.
00:06:32: On a un enfant qui a dix ans et on a des parents qui peuvent avoir sept ans tout quatre vingt.
00:06:37: et donc il faut être à la fois le parent et à la foi le prochédant ou l'enfant qu'il s'occupe de ses grands-parents.
00:06:44: Ça ça a évidemment un effet sur la santé mentale et la santé des parents.
00:06:48: Qu'est ce que ça a comme effet des enfants, vu que c'est celle-là qui nous intéresse.
00:06:52: La famille qu'est ce qu'elle a comme effet sur la santé des enfants aujourd'hui ?
00:06:56: Alors, les liens intergénérationnels ont évolué évidemment avec cette évolution des formes familiales et aussi de la structure d'âge.
00:07:05: Avec maintenant des grands-parents qui sont plus en capacité de s'occuper à des petits enfants.
00:07:11: donc la garde des enfants et des petits-enfants par les grands parents a augmenté.
00:07:17: C'est quarante pour cent sauf erreur, hein ?
00:07:18: Qurente pour cent des enfants sont gardés régulièrement par leurs grands-parents.
00:07:20: Ça c'est le chiffre que j'ai vu chez l'OFSE.
00:07:22: D'accord !
00:07:23: J'ai pas le chiffres exacte au tête mais je vous crois... Tout à fait, et donc ça veut dire que les rôles dont la famille ont évolué.
00:07:31: Il y a aussi une évolution au niveau de l'activité professionnelle chez les femmes qui est augmentée.
00:07:38: Donc on a une tendance à l'augmentation de l'accueil extra-familial.
00:07:43: A savoir, les familles font de plus en plus appel à ces structures d'accœil extra familial que ce soit les crèches et les garderies ou les accueils de jour où l'acueil est extra parascolaire.
00:07:54: donc ça c'est aussi une évolution des modes de vie et des relations à l''intérieur des familles.
00:07:59: Mais je vous ramène à l'effet de tout ça sur la santé de l'enfant.
00:08:04: Qu'est-ce qu'on sait ?
00:08:04: J'imagine qu'il y a des corrélations dont on n'est pas sûrs, de la causalité mais qu'est ce qu'ont fait de ces nouvelles familles sur la Santé des enfants
00:08:11: ?
00:08:11: Tout à fait alors... Ce qu'On sait en général c'est que la famille est un interminant majeur d'état de santé.
00:08:17: Que ce soit la santé physique, la santé psychique.
00:08:21: La santé émotionnelle aussi sociale pour différentes raisons même si la structure de la population et la structure des familles est fortement évoluée.
00:08:30: La famille reste un déterminant majeur d'état de santé pour différentes façons parce que c'est dans le milieu familial que vont se forger la capacité à réguler ses émotions l'estime de soi les relations sociales également les habitudes comportementales dans des domaines qui sont importants pour la santé, comme l'alimentation et l'activité physique.
00:08:54: Le sommeil, l'hygiène de vie, la consommation des écrans... Donc on a différentes modalités du style de vie pour lesquelles le soutien familial ou l'absence de soutien familial va jouer un rôle très important, donc va conditionner l'état de santé de l'enfant et du jeune adulte avec un impact sur le long terme.
00:09:17: Et ça c'est vrai à tous les âges de l''enfant à égalité.
00:09:21: où il y a des âges plus cruciaux pour l'effet de la famille sur la santé de son enfant ?
00:09:26: Alors c'es vrai à tout les âge.
00:09:27: mais les premières années de la vie, leur rôle est particulièrement important pour différentes raisons parce que c'est la majorité des relations sociales de l'enfant, évidemment.
00:09:38: Il va être dans le contexte familial lorsque l'enfant grandit qu'il va à l'école... qu'il se trouve dans le contexte professionnel.
00:09:46: Évidemment, il va avoir plus d'accès à des relations sociales en dehors du contexte familial.
00:09:52: mais durant ces toutes premières années de la vie, La famille va jouer un rôle particulièrement important d'autant plus que ce sont les années cruciales pour le développement de l'enfant et au niveau du cerveau le développement psychomotor aussi, donc il y a différentes étapes clés qui se jouent durant ces premières années de la vie et également certaines habitudes alimentaires et comportementales qui vont être déterminées par cet environnement familial.
00:10:20: Le fait d'être enfant unique ça change quoi parce que les chiffres disent un virgule vingt-neuf enfants ça veut dire aussi de plus en plus d'enfants uniques
00:10:28: Tout à fait.
00:10:29: Donc par la force des choses, le fait qu'il y ait moins d'enfants par famille qui aura plus de familles avec les enfants uniques?
00:10:36: évidemment l'impact va dépendre de la composition familiale et de la situation dans la famille, de la relation, des relations sociales, des relationships avec la famille attendues, avec les amis... Le contexte global qui va fortement varier d'une situation à l'autre, le niveau socio-économique de la famille.
00:10:56: Est ce qu'il y a des problématiques... ...de tension ?
00:11:00: De conflit ou de violence en intérieur de la famille évidemment ?
00:11:03: Tous ces facteurs là vont avoir un impact sur la santé de l'enfant que celui ci soit seul ou pas.
00:11:09: mais on va dire qu'un enfant seul va peut être un peu plus impactée que si il y a une fratrie.
00:11:15: Ça ouvre la question des inégalités.
00:11:17: Question qui est presque vertigineuse, des effets de l'inégalité sur la santé.
00:11:21: Alors évidemment les inégalities... La précarité par exemple a un effet sur la Santé des enfants.
00:11:27: que peut le système de santé pour ça?
00:11:29: ?
00:11:29: Parce qu'ensemble on ne va pas parler de révolutionner l'ensemble de la société, on le fera peut-être dans un autre podcast.
00:11:35: mais là !
00:11:36: Les pédiatres, Le système de Santé, Qu'est ce qu'on peut faire pour atténuer ou réparer en partie l'effet des inégalités sur les enfants.
00:11:44: Alors le système de santé joue un rôle-clé, en parallèle également avec le système scolaire.
00:11:50: évidemment des clés les enfants sont en âge de scolarité.
00:11:53: Un rôle-clet dans la mesure où durant ces deux premières années de la vie par exemple il y a un grand nombre de consultations structurées qui sont prévues et standardisées dans un but de suivi de dépistage, de prévention des programmes de vaccination.
00:12:08: Ce sont autant d'opportunités pour le pédiatre ou les soignants à l'idotifier, d'éventuels problématiques et d'apporter des soutiens ou de référer la famille à une structure de soutien ou d'accueil lorsque des situations problématique sont détectées.
00:12:24: donc je pense que le système de santé est particulièrement important dans le cadre de ces suivis systématiques.
00:12:31: La dimension de la fatalité se dire, nous on est dans une famille qui en ce moment n'a pas beaucoup de moyens.
00:12:36: Ce qui fait que forcément nos enfants sont au moins bonne santé etc... Qu'est-ce que vous pourriez nous dire là dessus ?
00:12:43: Est-ce qu'en fait dans toutes les situations on peut par exemple veiller à la qualité des liens qui pourraient être un facteur protecteur?
00:12:51: Enfin qu'est ce que vous pourrait nous dire sur l'aspect un peu fatalité qu'on peut parfois ressentir sur la santé des enfants?
00:12:57: Alors c'est clair que l'environnement familial et notamment le niveau socio-économique va jouer un rôle important.
00:13:04: Et toutes mesures qui vont cibler les familles, les personnes en situation de vulnérabilité sont importantes.
00:13:13: donc je dirais que des mesures qui seront peut être plus intensives lorsque l'environnement familiale est précarisé situation de vulnérabilité, en situation d'exclusion, en difficulté sociale professionnelle.
00:13:28: Donc toute politique publique qui va cibler ces groupes de la population va avoir un impact important par rapport à ses inégalités sociales en santé.
00:13:38: C'est sûr qu'on sait que j'évoquais Tout à l'heure, le suivi systématique dans un contexte de prévention durant ces premières années de la vie, c'est sûr qu'on sait que les familles qui sont en situation d'hénerbélité vont faire moins appel à ses consultations structurées.
00:13:54: En tout cas ont une probabilité plus élevée d'être moins bien suivie.
00:13:57: Leurs enfants vont être moins bien suivi que lorsque le contexte familial est économiquement meilleur ou dans une situation de moins grande précarité.
00:14:08: Mais il y a des solutions pour ça ?
00:14:09: Parce que là, j'imagine qu'il n'y a pas une histoire de coût de la prestation de santé.
00:14:13: Aussi c'est aussi une histoire du coup de la Prestation de Santé ?
00:14:15: Non
00:14:15: parce qu'on a en Suisse en tout cas un accès universel à la santé avec notamment notre système d'assurance maladie qui je crois est bien développée ce qui ne veut pas dire qu'ils n'ont pas de problématique mais de façon globale l'accès est plutôt facilité et lorsqu'il existe un contexte de difficultés financières il y a des structures qui sont en place de soutien social qui permettent de pallier à ces difficultés financières.
00:14:38: Donc si ce n'est pas une question économique ou de coût de la prestation de santé, qu'est-ce qui permettrait que ces prestations de santé soient davantage adressées aux populations victimes d'inégalité ?
00:14:50: Je pense que les choses les plus efficaces sont d'avoir des mesures qui soient ciblées sur les groupes de la population que l'on sait plus défavoriser.
00:14:59: Notamment des personnes qui connaissent moins bien le contexte du pays, qui seraient arrivées de l'étranger et qui ne maîtriseraient pas la langue ou qui seraaient moins bien intégrés dans le context social.
00:15:10: donc les mesures ciblées dans ces populations-là ont une plus forte probabilité d'avoir un impact pour diminuer ses inégalités sociales.
00:15:19: en santé.
00:15:20: On vous présentant, on parlait des grandes études nationales sur la santé notamment des enfants.
00:15:26: C'est le cas de Menus CH Kids.
00:15:29: Qu'est-ce que cette grande étude nationale qui est toute récente ?
00:15:31: Oui, alors l'étude de menu CHKIT c'est la première enquête nationale sur l'alimentation et la nutrition des enfants et les adolescents en Suisse.
00:15:38: Donc plus de mille huit cent enfants âgés de six à dix-sept ans ont été inclus.
00:15:42: C'est un mandat du fils fédéral de la Sécurité alimentaire des affaires vétérinaires.
00:15:47: C''est la premier enquête du genre en Suisses.
00:15:49: donc nous n'avions pas d'information détaillée sur l'.alimentations des enfants ou des adolescents ce qui était... un grand problème.
00:15:56: Ça n'avait jamais été fait
00:15:57: ?
00:15:57: Jamais, contrairement à ce qui se passe dans les pays qui nous entourent et qui font ça depuis de nombreuses années, la Suce était en retard à ce niveau-là.
00:16:06: Donc cette étude est vraiment très importante.
00:16:08: elle nous donne des données récentes et elle nous montre que globalement on va dire pour la majorité des enfants et des adolescents la situation nutritionnelle est bonne.
00:16:18: donc c'est une première bonne nouvelle.
00:16:20: évidemment il y a quand même des constats qui suscitent des préoccupations de santé publique notamment.
00:16:26: On a mesuré qu'environ treize pour cent des participants ont un surpoids ou une obésité.
00:16:32: Dans les biomarqueurs de facteurs de risques, pour les maladies chroniques on a notifié que dix pour cents des enfants sont à risque accrues de développer un diabète.
00:16:42: donc ça ce sont des facteur de préoccupation.
00:16:45: la consommation... Dans
00:16:46: des biomarquers et risques de diabète expliquez-nous comment vous faites ça ?
00:16:49: Comment vous savez qu'un enfant surdisse un risque de diabètes
00:16:52: ?
00:16:52: Alors dans un sous groupe qui ont accepté que soit effectué une prise de sang.
00:16:58: Nous avons pour mieux mesuré un marqueur biologique qui nous permet d'estimer le risque de diabète, donc c'est ce qu'on appelle l'hémoglobine glicquée.
00:17:06: Ok ça s'est lié au mode de vie ?
00:17:07: C'était lié à ce que mangent l'enfant ?
00:17:09: Alors il est lié aux différents facteurs.
00:17:10: mais le mode de vies la présence du surpoids et d'obésité aussi est un facteur de risques importants pour le diabète.
00:17:16: mais c'ait principalement pas assez d'activités physiques, une alimentation insuffisamment saine.
00:17:22: et oui c'es la combinaison des deux qui fait on augmente le risque de troubles métaboliques, dont le diabète.
00:17:28: – Qu'est-ce qui vous a le plus surpris ?
00:17:30: Parce que c'est assez intuitif le risque du diabète, enfin… On n'aurait pas le chiffre précis mais on aurait pu deviner en voyant les enfants dans nos entourages, en voyants ce que disent les médias qu'il y avait ce risque là.
00:17:40: Est-ce qu'y a des choses qui vous ont particulièrement surprise dans cette étude qui était un peu contreintuitive pour vous en tout cas ?
00:17:46: –
00:17:46: Alors je vais peut être commencer par ceux qui ne m'ont pas surprise à savoir qu'on constate qu'ils n'a pas assez de consommation de fruits et légumes.
00:17:53: Ça, ce n'est pas une surprise.
00:17:55: On constate qu'il y a trop de consommation de boissons sucrés et de snacks sucrés salés et de produits ultra-transformés.
00:18:02: donc ça c'est un constat qui est très semblable à ce qui a été fait dans les enquêtes dans d'autres pays en Europe.
00:18:08: Donc ça, ce ne sont pas une surprises.
00:18:09: Ce qui est intéressant pour nous, c'était pouvoir le quantifier dans le contexte suisse et aussi de pouvoir explorer des différences régionales.
00:18:16: puis les différentes habitudes alimentaires dans l'étrange d'âge qui sont couvertes par cette enquête.
00:18:22: Donc, à savoir l'alimentation des six ne vont n'est pas la même que l' alimentation des quatorze dix-sept ans par exemple.
00:18:27: Moi ce qui m'a surprise dans cette enquête c'est la forte proportion des enfants qui rapportent prendre des suppléments alimentaires.
00:18:34: donc... un enfant sur trois rapporte de prendre régulièrement des suppléments alimentaires.
00:18:38: Donc chez les enfants qui sont globalement en bonne santé, moi j'étais surprise par ce résultat d'autant plus que...
00:18:44: Ça veut dire que c'est les compléments comme les adultes qui prennent des petites pilules ?
00:18:48: Tout
00:18:48: à fait !
00:18:49: Des vitamines, des minéraux, des oligos élément, des herbes divers et variés dans un but évidemment d'améliorer l'état de santé alors qu'en fait on sait que si l'alimentation des enfants et des adolescents est équilibrée Il n'y a pas besoin de prendre des suppléments alimentaires.
00:19:05: Donc si on suit les recommandations alimentaires actuelles, tous les besoins en vitamine et en minéraux sont couverts.
00:19:13: Et donc finalement il n'est pas nécessaire et surtout ça coûte très cher pour les familles d'acheter ces supplément alimentaire.
00:19:19: –
00:19:19: Donc vous en dédisez quoi ?
00:19:20: Parce qu'à la fois y'a un régime alimentaire qui est pas au top mais convient supplémenter de pilules assez chères qu'on vient acheter.
00:19:30: Ça vous donne quelle compréhension d'une partie... population.
00:19:33: Alors peut-être une mauvaise compréhension, une mauvraise perception par rapport à ses suppléments alimentaires.
00:19:39: alors j'aimerais préciser que dans certains contextes notamment lorsqu'il y a une prescription médicale il peut tout à fait être nécessaire de prendre des suppléments alimentaires.
00:19:50: On peut se trouver dans des situations de carences alimentaires, donc carence vitaminique ou carense en certain micro-nutriments mais ce sont des situations relativement rares.
00:19:59: Donc il peut arriver que des prescriptions médicales soient nécessaires.
00:20:03: Mais ça
00:20:03: vous semble impossible que ce soit les fameux trente pour cent de la population générale ?
00:20:07: Alors là c'est clair parce que les mesures objectives que nous avons pu réaliser par rapport à certains de ces biomarkers nutritionnels ne nous montrent pas des prévalences d'efficience nutritionnelle de ces tortes de grandeur-là.
00:20:20: Et ce qu'on constate également, c'est que la différence entre ceux qui disent prendre des suppléments et ceux qui n'en prennent pas est quasi nulle.
00:20:27: donc en gros
00:20:28: ça
00:20:28: n'a pas d'impact et ça on le sait.
00:20:31: De nombreuses études chez les adultes l'ont montré, ça n a pas un impact positif sur la santé.
00:20:35: Ça a juste un impact négatif sur le porte-monnaie.
00:20:39: vient peut-être nous indiquer un manque d'information.
00:20:42: On a commencé la discussion sur le fait qu'il y avait énormément d'informations de santé, accès à une infinité de documents, de conversations sur Google, docteur ChatGPT
00:20:54: etc.,
00:20:55: mais au final on n'arrive pas à prendre les bonnes décisions
00:20:59: où tout
00:21:00: le monde n'arrivent pas à apprendre les bonne décision tout le temps.
00:21:02: C'est vrai qu'on fait face à une masse d'informations, ce que l'on appelle une infodémie qui fait qu'il est difficile de trier finalement ces informations et faire les bons choix.
00:21:14: Il faut un certain niveau de la littératie en santé pour être en capacité de choisir les bonnes informations et de faire des bons choix.
00:21:23: Comment vous segmentez la population quand vous lisez cette étude-là?
00:21:28: ?
00:21:28: Parce que vous avez commencé à nous dire, il y a les six-neuf ans et puis les neuf quatorze ans.
00:21:33: Ok !
00:21:34: Vous avez dit « Ah c'est intéressant de voir la différence entre les régions ».
00:21:37: C'est vrai qu'en Suisse on est toujours obsédé par « Est ce qu'on mange mieux en Suisse allemande ou en Suisses romandes?
00:21:41: » ou en « Suisse italienne », etc... Qu'est-ce qui vous semble pertinent en regardant les résultats comme manière de segmenter la population et de comprendre les groupes de familles de notre pays ?
00:21:52: Les tranches d'âge sont très importantes.
00:21:55: Ce que nous avons constaté globalement, c'est que la problématique de l'activité physique était principalement constatée chez les adolescents, chez les quatorze-dix-sept ans donc le niveau d'activités physiques correspondait assez aux recommandations actuelles chez les six-neuf ans et chez les dix treize ans par contre on était bien en dessous pour les quatorze dix-sept ans, donc par rapport à l'activité physique c'était principalement la tranche d'âge qui jouait un rôle important.
00:22:21: Par rapport au comportement alimentaire on a aussi pas mal de variations avec l'âges.
00:22:25: On avait un meilleur respect des recommandations alimentaires chez les six-neuf ans probablement parce que ils sont dans un contexte familial et scolaire et accompagnement qui fait qu'ils ont un petit peu moins de liberté dans le choix de ce qu'il consomme probablement et envoyer un peu plus de mauvais choix alimentaires chez les quatorze dix-sept ans.
00:22:45: Et là dedans, l'âge des parents, famille monoparentale, niveau de revenu
00:22:51: etc.,
00:22:51: c'est des choses qui sont très importantes ou finalement ça vient dans une espèce de norme.
00:22:57: Alors pas forcément, ça dépendait pour certains des résultats que nous avons.
00:23:01: Nous avons vu étonnamment peu de relations avec le niveau socio-économique.
00:23:06: Il y a certains critères qui jouent un rôle important notamment le fait d'en prendre les repas en famille qui est un facteur dont on connaît l'importance pour la santé nutritionnelle et pour la sentée mentale aussi des enfants.
00:23:18: Donc ce qu'on a constateté dans cette... c'est qu'il y avait quand même un cinquième des enfants qui prenaient régulièrement ou qui rapportent, prennent régulèrement leur repas seul ou devant un écran.
00:23:28: Donc ça, c'était une observation qui est intéressante et... C'est une piste d'action en termes de santé publique parce que on sait que c' était un facteur de risque finalement.
00:23:39: De risque de quoi ?
00:23:40: le risque par rapport à la santé nutritionnelle, à savoir que les enfants qui vont manger seuls et qui vont consommer devant un écran auront une plus grande tendance à faire des choix alimentaires malsains.
00:23:51: Donc je voulais vous entendre sur des messages qu'on peut adresser aux parents qui nous écoutent ou au pédiatre qui nousécoutent ?
00:23:58: Là on en a un qui vient directement lié à l'alimentation, le repas pris en famille.
00:24:04: est-ce qu'il y a... D'autres messages ou d'autres leçons que vous avez tirés dans cette étude, ou dans d'autre, que vous aimeriez davantage répandre.
00:24:12: Peut-être d'inciter les parents à vraiment respecter ces recommandations alimentaires notamment pour les fruits et les légumes parce qu'on sait que c'est un déterminant majeur de l'état de santé.
00:24:23: parmi les déterminants les plus importants.
00:24:25: donc une alimentation saine est variée.
00:24:27: C'est vraiment un atout majeure pour rester en bonne santé pas seulement pendant l'enfance mais aussi tout au long de la vie.
00:24:36: Donc on sait que les habitudes alimentaires qui sont adoptées durant l'enfance vont avoir un impact sur l'état de santé à l'âge adulte, donc j'encourage vraiment les parents à insister sous une alimentation saine et variée et sur le respect des recommandations alimentaires.
00:24:53: Autre information qui me paraît importante il n'est pas nécessaire de donner des suppléments alimentaires.
00:24:59: ça ne va pas apporter de bénéfices sur la santé de l'enfant.
00:25:01: À moins, évidemment qu'il n'y ait eu un diagnostic médical et une indication posée par un pédiatre pour telle supplémentation.
00:25:09: mais hors de ce contexte-là il n'est vraiment pas nécessaire.
00:25:11: Ce qui faut c'est que les enfants mangent régulièrement, mangent en famille et de façon saine et équilibré.
00:25:19: Merci beaucoup Meryl Bossu.
00:25:20: Merci
00:25:20: à vous !
00:25:21: C'était
00:25:22: Portes Pour Les Enfants.
00:25:23: podcast sur le bien-être de L'Enfant avec Jonas Schneider.
00:25:27: Le podcast de Pédiatrice Suisse est disponible sur toutes les plateformes de podcasts courantes.
00:25:33: Pour plus d'informations sur pédiatrice suisse et sur cet anniversaire, rende-toi sur paediatrichevades.ch.
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